Nantes,
une porte de l'Europe

Extraits de « Nantes – une porte de l’Europe », par Bernard Roy, décembre 1951

De septembre 1939 à septembre 1943, Nantes vécut dans l'anxieuse attente de jours apaisés. Mais elle prit, hélas, trop à la légère les avertissements des sirènes d'alarme signalant l'approche du danger aérien ! Tragédies des 16 et 23 septembre 1943, où les forteresses volantes déversèrent sur son cœur leurs chapelets de bombes de cinq cents kilos ! (Bilan officiel: 1.277 immeubles détruits ou endommagés, 2.900 morts ou blessés.) Jours affreux, dont le dévouement de tous les cœurs unis dans la fraternité du deuil, l'exemple d'un héroïque préfet et d'une municipalité à la hauteur de sa tâche, s'efforcèrent au mieux de tempérer l'horreur !
Douze août 1944 ! C'est, - croit-on un peu trop tôt - la fin du cauchemar. Les premiers éléments alliés entrent dans la ville et les Allemands fuient... non sans avoir commis, méthodiquement, en quarante-huit heures, pour deux milliards de dégâts dans le port !
... Mais cela n'empêcha que, comme dans la vieille chanson, « toutes les cloches de Nantes se mirent à sonner », tandis que les drapeaux tricolores flottaient sur les ruines, dans la joie... et aussi dans la mélancolie des larmes mal séchées.

16 septembre 1943 - La rue du Calvaire

23 septembre 1943 - Les grands magasins Decré



DE CLERVILLE & Cie, Successeurs

Il faut remonter à l'an 1800 pour retrouver l'acte de naissance de la société Levesque et Cie. Le fondateur, M. Louis Levesque, armateur industriel, fut un des tout premiers précurseurs de cette industrie de la conserve dont Nantes s'honore d'avoir été le berceau. La notoriété de sa marque, due à la qualité de sa fabrication, dépassa rapidement nos frontières.
Malgré l'arrêt presque complet des transactions lors de la grande guerre, malgré la léthargie quasi totale imposée à ses usines lors des terribles années de l'occupation allemande, la vieille maison a maintenant repris une nouvelle jeunesse. Le patrimoine de la société Levesque et Cie, administrée depuis l'origine par les membres de la famille fondatrice, est échu aujourd'hui à la société De Clerville et Cie par héritage direct. Les traditions commerciales qui ont permis de sceller, depuis cinq générations, de véritables liens d'amitié avec la clientèle des meilleures maisons d'alimentation de notre pays, sont un des principaux apanages de cette firme vénérable.
Soucieuse de développer la puissance de ses moyens de production en maintenant toujours la qualité de ses fameuses Sardines Louis Levesque à l'huile d'olive, de son thon, de ses conserves de légumes, en particulier des pois, c'est seulement sur un petit nombre de points, judicieusement choisis en Bretagne et en Vendée, qu'elle a porté son effort.
La maison De Clerville et Cie se flatte de n'avoir jamais accepté de sacrifier la qualité à la quantité, préférant développer son activité dans un nombre de branches relativement restreint pour être mieux assurée, dans chacune d'elles, de pouvoir tendre vers la perfection.

RAFFINERIE SAY

A la fin de l'Empire une licence était accordée à MM. Delaroche et Delersert pour établir une sucrerie sur les ponts de Biesse ; et en 1814 une société était fondée entre eux et M. Louis Say, pour l'exploitation d'une raffinerie, rue Grande-Biesse.
En 1825, Louis Say et Cie transportent leur raffinerie 3, quai Saint-Louis; en 1827, M. Jean-Baptiste Etienne apparaît dans la Société qui s'adjoint en 1832 les deux fils de M. Louis Say ; la raison sociale était « J.-B. Etienne et G. et A. Say frères » ; la Société se réinstalle en 1836 dans les terrains de l'ancienne raffinerie Say, rue Grande-Biesse; en 1856, la raison sociale était «A. Say - E. et G. Etienne » ; en 1859, il n'existe plus que la Société «E. et G. Etienne ».
En 1880, la Société devient « Etienne et Cézard » et comprend la raffinerie des Ponts et la raffinerie de Chantenay ; en 1885, les deux raffineries se séparent, et la nouvelle raffinerie des Ponts comprend entre autres, comme actionnaire, la raffinerie Say de Paris ; peu de temps après cependant, en 1890, la raffinerie des Ponts disparaît définitivement. Mais en 1934, la raffinerie Say rachetait la raffinerie Billard, sise quai Baco, et installait de 1935 à 1937 une des raffineries les plus modernes d'Europe aux abords du quai Wilson, près du pont de Pirmil. La nouvelle usine possède les installations les plus perfectionnées pour le traitement des sucres roux de canne provenant de la Réunion, des Antilles ou de Cuba, et livre aux consommateurs des produits dont la renommée dépasse le cadre de notre pays ; c'est un fleuron nouveau à l'actif de la Société Anonyme des Sucreries et Raffineries Say et un gage d'activité incontestable pour le port de Nantes.

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