Les éoliennes dans la forêt de Lanouée

Le Télégramme - 7 juillet 2018 - Forêt de Lanouée. Le désastre écologique


Au cœur de la forêt de Lanouée, les stigmates visibles d'un projet annulé par la Justice.
(Lionel Le Saux/Le Mensuel du Morbihan)

Dans le Morbihan, la forêt de Lanouée, 2e massif forestier breton, dévoile les plaies béantes de son exploitation. Seize éoliennes devaient y être implantées. En 2017, la justice a suspendu les travaux. Trop tard pour préserver la forêt, propriété du groupe Boralex, qui l'a mise en vente, révèle Le Mensuel du Morbihan dans son édition de l'été.

La dense canopée laisse brutalement place au ciel ouvert. Le chemin de terre se mue en immense clairière, où se dressent des barrières et d'anciens bâtiments de chantier. Le site semble abandonné. Seize éoliennes de plus de 180 m de haut devaient pourtant y être érigées, ici, à Lanouée (56), second massif forestier de Bretagne. « Dégâts irrémédiables » Défrichage, créations de routes, poses des fondations des éoliennes… Les travaux ont débuté en 2015, avant d'être brutalement suspendus, le 11 juillet 2017, par le tribunal administratif de Rennes. La juridiction a cassé les autorisations délivrées, en 2014, par la préfecture...
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Ouest-France - Mardi 11 juillet 2017 -

Le tribunal administratif de Rennes a annulé les permis de construire de 16 éoliennes en forêt de Lanouée (Morbihan), deuxième massif forestier breton, invoquant la richesse écologique du milieu et les dimensions « hors d’échelle » du projet.

La justice a tranché, a-t-on appris le 11 juillet : sous réserve d’un éventuel appel, il n’y aura pas de parc éolien en forêt de Lanouée (Morbihan). Le projet, porté par la société Les Moulins de Lohan, filiale du groupe canadien Boralex, visait à construire 16 éoliennes d’une emprise au sol de 16 ha pour un périmètre total de 331 hectares et une puissance installée de 50 MW.

Le juge administratif a annulé les permis de construire délivrés en février 2014 par le préfet du Morbihan, suivant l’avis du rapporteur public et du juge des référés. Il a également annulé l’autorisation d’exploiter, de défricher, et de déroger à l’interdiction faite par le Code de l’Environnement de détruire des espèces protégées.


Le Télégramme - 14 novembre 2007 - Louis Dreyfus se paie la forêt de Lanouée

Un des plus importants massifs forestiers bretons peut-il changer de main dans le silence le plus total ? La réponse est oui. Le groupe Louis Dreyfus est depuis le mois de mai propriétaire des 4.000 hectares de la forêt de Lanouée. Cette acquisition marque le lancement d'une politique européenne pour la multinationale. Il y a deux façons de voir les choses. 1- Le deuxième massif forestier privé breton a changé de main. 2- Le groupe Louis Dreyfus est devenu le premier propriétaire forestier privé de la région. Dans un cas comme dans l'autre, c'est un événement. La forêt de Lanouée, c'est 4.000 hectares. Seule celle de Paimpont la devance avec ses 7.000 hectares, à cette différence près qu'en Ille-et-Vilaine, une multitude de propriétaires se partagent le massif.

Deux ans de négociation

La dispersion des parts, c'est une caractéristique de la forêt privée française. Alors

autant dire que 4.000 hectares qui changent d'un coup de propriétaire « c'est exceptionnel, rarissime même », souligne Xavier Grenier, responsable des transferts de gestion au CRFP (2). Trois groupements forestiers se partageaient Lanouée, avec en leur sein une centaine d'héritiers de la famille Lévêque, le propriétaire historique. Il a fallu du temps pour que tout le monde s'entende, mais la transaction a fini par se faire. « Les négociations ont duré deux ans. Au moins, l'unité du massif est préservée », raconte François de Carné, cogérant d'un des groupements et maire de Coëtlogon (22). C'est donc désormais la société Ressources forestières, filiale du tentaculaire groupe Louis Dreyfus, qui va exploiter Lanouée. Le bois, c'est une activité nouvelle pour la multinationale, très centrée sur les matières premières agricoles (voir ci-dessous).

« Pièce importante d'un projet européen »

Et la forêt morbihannaise en marque le point de départ. « Cette acquisition est une pièce importante d'un projet européen pour le groupe. Lanouée est la première forêt que nous achetons en France. Un massif a été acheté en Grande-Bretagne. Des négociations sont en cours en France mais aussi en Suède », indiquent François de Broucker et Bernard Hidier, responsables de Ressources forestières France. Ce bois serait utilisé comme ressource énergétique renouvelable, mais aussi pour la construction. Impossible de connaître le montant de la transaction, sachant que, selon la qualité du bois et la valeur patrimoniale du site, l'hectare de forêt se négocie de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros.
© Le Télégramme


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